A peine le fichier positif enterré,
voilà le manifeste pour l’inclusion bancaire !
Il y a deux semaines, le fichier positif visant à la prévention du surendettement était stoppé net dans son élan, mettant fin à une longue période d’étude sur le sujet. Puis, la semaine dernière nous évoquions la montée au créneau de Jean-Louis Borloo sur ce même thème du surendettement. Avec un projet d’amnistie conditionnelle, il souhaitait mettre en avant les grandes difficultés que rencontrent les particuliers français lourdement surendettés à sortir de ce marasme.
Cette semaine, ce sont trois associations qui font parler d’elles sur un sujet très proche : l’exclusion bancaire.
Le Secours Catholique, la Croix-Rouge française et l’Union Nationale des Centres Communaux d’Action Sociale s’attaquent au problème de l’exclusion bancaire des français. Le constat fait par ces associations est le suivant : il est simple et rapide d’ouvrir un compte en banque, mais l’accès aux offres bancaires associées est beaucoup moins évident.
François Soulage souligne que « Les politiques publiques menées se sont focalisées sur le droit au compte et aujourd’hui 99% de la population française est bancarisée mais la proportion de clients qui peuvent utiliser toute la palette des services financiers est moindre. Entre 5 et 6 millions de personnes seraient ainsi concernées par l’exclusion bancaire »*. L’exemple du particulier en recherche d’emploi qui ne peut avoir accès à un prêt personnel en vue d’obtenir une voiture pour se rendre à ses entretiens ou élargir ses zones de recherche est un des plus flagrants.
C’est pourquoi ces trois associations présentent un manifeste contre l’exclusion bancaire. Celui-ci préconise tout d’abord la création d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs en étroite collaboration avec les banques. Des indicateurs ciblés qui regrouperont le nombre de crédits renouvelables ou personnels distribués, la situation professionnelle du particulier, mais qui mesureront aussi le degré de complexité de la situation de surendettement des particuliers. En aval, ces indicateurs entraîneraient une procédure de suivi par un organisme indépendant dans lequel nous retrouverions : membres des organismes bancaires, associations et pouvoirs publics.
Financé par les Fonds de Cohésion sociale, cet organisme pourrait obtenir des participations financières de la part des banques. A terme, cet organisme pourrait également servir à récompenser les banques les plus compétentes en matière d’accompagnement de leurs clients, et aussi d’assouplissement des offres bancaires pour qu’elles puissent toucher un plus grand nombre de particuliers ayant des projets solides. Pour ce faire, il faudrait alors légiférer et donner un poids plus officiel à cet organisme indépendant.
En tout cas, ce manifeste pour l’inclusion bancaire en France est à peine sorti que la Banque Postale lui donne tout son soutien. La Fédération Bancaire Française, quant à elle, rappelle qu’« il existe un droit au compte comprenant les services bancaires de base »*, mais d’ajouter aussitôt que « les banques françaises sont prêtes à un dialogue pragmatique pour trouver les meilleures solutions »*.
* source : Les Echos, article « Trois associations se mobilisent contre l’exclusion bancaire » du 07/12/2011Posté dans Rachat de crédit, Surendettement
